24 juillet 2013

MAN ANA 11, les abeilles et une grosse période "d'inactivité"

Ca arrive à tout le monde. Depuis 21 jours, chez nous, comme chez vous il fait beau et chaud (contrepèterie belge).

Alors le jardin,

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les longues soirées au frais sur la terrasse,

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les ballades très matinales avec le chien

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Les séances photos à traquer notre Minou qui se réveille après une sieste à l'ombre

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puis qui retrouve mon fauteuil qu'il squatte pendant toute l'après midi, m'empéchant de m'asseoir devant mon PC

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ou les papillons qui viennent butiner nos fleurs

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et des séjours à la cave (c'est là qu'il fait le plus frais) dans mon atelier à bricoler un peu,

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J'ai offert cette abeille a mon voisin après qu'il soit venu récupérer un énorme esaim d'abeille venant de ses rûches et dont la jeune reine avait trouvé refuge dans notre pommier.

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Comme il a remarqué que j'étais intéressé par l'Apiculture, il m' invité à participer à une récolte du miel.

Je l'ai donc accompagné avec 50 rayons pleins de miel vers la cabane de son club où se trouve une centrifugeuse et ou nous avons recolté 90 kilos de miel. En voici quelques photos :

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L'hôtel des abeilles recto,

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et verso

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Un rayon dont les alvéoles, fermées par de la cire, contiennet environ 3 kilos de miel

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Cette cabane est construite au milieu de la fôret. Elle est à la disposition de la cinquantaine de privés qui possèdent des ruches dans notre région et qui peuvent l'utiliser lorsque le besoin se présente.

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A l'intérieur, une centrifugeuse et tout le matériel nécessaire.

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Il faut d'abord, à l'aide d'une raclette, retirer la cire pour libérer le miel

 

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Puis comme pour l'alccol dans le vin, il faut mesurer le taux de sucre pour estimer la qualité du miel. Les derniers 20 jours de grand soleil et de chaleur ont fait progresser rapidement la teneur en sucre.   HONIG (19)  

On place ensuite quatre rayons dans la centrifugeuse et on fait tourner . Il y a un moteur.HONIG (21)

 

La première coulée, au goût et à la couleur, ce sera une bonne année.

 

 

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De l'or liquide

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Pendant que mon voisin s'occupe des 50 rayons je suis allé faire un tour dans les bois autour de la cabane et j'y ai trouvé des tas de rûches bourdonnantes d'abeilles en plein travail.

Les deux photos suivantes vous montrent la différence de miel que l'on peut trouver. La couleur est dépendante de ce que les abeilles ont butiné. Des fleurs ou de l'accacia

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Voila, la récolte est finie, il faut tout nettoyer et tout remettre en place pour que les suivants puissent trouver un endroit propre et propice au travail...La présence est notée sur un cahier. Nous pouvons charger les seaux pleins de miels (3 pesant chacun30 kilos)

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Mais tout n'est pas terminé. A la maison il faudra encore attendre plus d'une semaine pendant laquelle le miel sera touillé, popur faire remonter les petits morceaux de cire qui pourraient s'y trouver. Cette cire est gardée, car  elle servira pour fabriquer des bougies, après addition de parafine.

Voila, j'espère que ce court reportage sur l'activité de mon voisin vous aura plus et que vous comprendrez mieux pourquoi j'ai déserté le Blog et vous mes amis.

Alors pourquoi suis je de retour ce matin? Tout simplement parce que la vague orageuse est arrivée sur l'Est de la France et l'Ouest de l'Allemagne et qu'actuellement (9h30) il pleut, il tonne et le ciel se zébre d'éclairs....

 Je vais donc céder la place à Jacques et continuer, après lui avoir, ainsi qu'à vous chers lecteurs, présenter des excuses pour ce manque de continuité dans la publication de son récit, mais sans oublier de remercier mon autre ami Jacques pour ses dessins qui ont si bien illustrer son séjour à Marrakech.

 

Le Velosolex 

Le Vélosolex faisait partie des rites initiatiques des adolescents des années soixante. En fait, tout ce qui avait deux roues et était susceptible de vrombir recueillait l'adhésion immédiate des jeunes.

Au Maroc, le pouvoir d'achat était dans l'ensemble bien supérieur à ce qu'il était en France, mais les droits de douane étaient aussi fort élevés. L'achat d'un deux roues motorisé était somme toute une dépense, et les crédits quasiment inexistants et en tout cas très mal vus.

Malgré tout cela, les parents considéraient que la réussite au brevet des collèges, comme cela s'appelait à l'époque, me donnerait droit à un Vélosolex, qui était quand même le plus économique des deux roues motorisés de l'époque.

J'avais eu l'occasion de me familiariser avec le fonctionnement de ce type d'engin grâce à nos amis Podevin qui avaient investi massivement dans les deux roues (d'occasion pour certains) quand ils étaient à la Targa.

Sur les chemins de terre (on disait la piste), peu de risque de voir la maréchaussée contrôler l'âge des conducteurs, donc même avant 14 ans, nous conduisions ce type d'engins.

Je passai mon brevet en 1965, à quinze ans. J'avais plus de 14 ans, âge limite pour conduire un deux roues motorisé. Nous partîmes en vacances en France, et au retour, ce fut le passage par la boutique du concessionnaire, les établissements DUPART, non loin de la poste centrale de Marrakech. Il fallait traverser toute la ville, passer par la case « assurance » pour éviter de se faire confisquer l'engin par la police à l'occasion d'un contrôle inopiné, comme cela se pratiquait au Maroc où les gens ne prenaient pas d'assurance, préférant compter sur le Providence forcément divine. 

 

Je pris enfin livraison du tout dernier modèle de solex, le « 3300 » avec son phare carré et une calandre chromée rectangulaire qui en épousait la forme de façon moderne, rompant sur les anciens modèles aux phares ronds. Mes parents hésitèrent à me laisser traverser tout le Gueliz sur l'avenue Mohammed V, et je dus leur promettre de passer par de petites rues pour éviter la circulation.

 

Dès l'arrivée à l'immeuble, tous les enfants vinrent reluquer la bête, et après avoir détenu la vedette quelques minutes, je partis faire le tour des copains pour montrer l'engin. Ce jour là, le roi n'était pas mon cousin !

Je me servis énormément de cet engin pour mes loisirs, et je contribuai aussi à enrichir passablement le réparateur du coin (on disait « le cycliste »), une fois passée la période de garantie.

Au début, je ravitaillais exclusivement avec de la « Solexine », carburant spécial et hors de prix qu'il fallait aller chercher chez Dupart. Progressivement, j'alternai avec du mélange acheté à la station Shell du coin, dosé à 5 %. Il paraît que cela favorisait le calaminage.

Le Solex, conçu pour un climat européen, souffrait de plusieurs défauts assez gênants pour le Maroc. Tout d'abord, il avait horreur de la boue. Or toutes les routes n'étaient pas systématiquement asphaltées, et notamment dans le terrain vague qu'était l'Avenue de France devant la maison, on roulait sur un sol argileux.

De ce fait, le galet d'entrainement, recouvert d'une espèce de revêtement métallique rugueux, perdait de l'adhérence les interstices étant colmatés par la boue aussi dure que de la pierre une fois sèche. A l'occasion des visites périodiques, j'allais chez Dupart et l'ouvrier se livrait à tout un tas de contrôles minutieux, avant de vérifier sur le banc que le moteur tournait bien. En général, le moteur démarré, il saisissait une grosse râpe et la présentait devant le galet en rotation. Avec force poussière et étincelles, le galet était nettoyé, et la vitesse contrôlée sur le banc. Il fallait atteindre le chiffre de 33 km/h au minimum ! A chaque fois, j'avais l'impression de ressortir au volant d'un bolide.

Le second défaut était plus gênant : en été, la chaleur montait au-dessus de 35 et le moteur était refroidi par air. Il se produisait alors un phénomène de « vapor-lock », c'est à dire que l'essence se vaporisait dans le tubulure d'arrivée, et la pompe se désamorçait. Il convenait alors de laisser le moteur refroidir quelque peu, ou de changer la pompe, ce phénomène s'aggravant au fur et à mesure du vieillissement de celle-ci, semblait-il. J'aime la mécanique, mais uniquement quand les pannes ne sont pas des caprices. La solution passait par un démontage partiel des caches en plastique noir de façon à améliorer la circulation de l'air. Une seconde consistait à avoir dans une sacoche arrière une bouteille d'eau que l'on versait sur le moteur, ce qui le refroidissait et on pouvait repartir. C'était donc un modèle hybride, essence-eau à partir du mois de juin.

Une fois maîtrisé le problème de la conduite sur sol argileux humide (le moteur placé très haut rendait le véhicule particulièrement instable sur sol glissant, ce qui promettait des gamelles fabuleuses aux distraits), le plaisir du déplacement peu fatigant et rapide était au rendez-vous.

Le réseau routier, avec ses pistes, était toutefois éprouvant pour la mécanique. Il arrivait qu'un passage sur un cahot un peu plus marqué dans le terre sèche de la piste provoque le renversement de la boîte à outils et de tout ce qu'elle contenait : démonte pneus, rustines, clés plates, ainsi que de la pompe accrochées sous le porte bagages.

Régulièrement aussi, dans les mêmes circonstances, c'étaient les sacoches qui sortaient de leur logement et répandaient leur contenu, dont l'inévitable bidon de carburant qui permettait de ne pas rentrer en pédalant.

Ce solex me conduisit tout de même un dimanche après-midi au barrage Cavagnac (Lalla Takerkoust), tout seul. 70 km aller et retour ! Je fus évidemment repéré par des connaissances de mes parents, les Dupré, qui après s'être étonnés de mon périple en solitaire en parlèrent aux parents la semaine suivante. J'avais bien fait donc de leur présenter ma version dès leur retour, ce qui m'avait permis d'éviter des reproches trop durs.

Le Lycée Victor Hugo organisa un soir une « soirée des internes » où des externes appartenant à des clubs socio éducatifs furent conviés. Je décidai d'aller récupérer en ville une copine dont les parents avaient jugé qu'elle n'irait pas, suite aux dernières frasques je suppose.

Ma venue finit par les émouvoir et elle s'habilla en vitesse pour venir avec moi, juchée sur le porte-bagages. Pratique interdite si l'on n'avait pas l'assurance pour deux (difficilement vérifiable hors contrôle inopiné de la gendarmerie) et les repose-pieds arrière. Mais à cette heure là, et dans les petites rues, pas de casquette beige à l'horizon et nous arrivâmes comme une fleur au Lycée.

Sur le coup de minuit, ce fut le surveillant général qui nous rappela que l'heure de Cendrillon était arrivée, et nous fûmes invités à quitter le bal. 

 

Je ramenai donc la copine, mais le Solex avait une panne de lumière, aussi décidâmes nous d'éviter l'Avenue Mohammed V et de passer par des petites rues, parallèles. Au rond-point du Koutoubia, pas de bol, la police ! Stop ! Arrêt, et explications : la lumière ? Elle ne marche pas ! Vous allez où ? Je la ramène chez elle ! Sympa, le gendarme nous dit « bon, ben il faut marcher ». Et nous voilà partis à pieds sur quelques centaines de mètres, poussant le Solex. Le retour se fit sur le Solex, mais par un autre parcours où je ne rencontrai personne.

Les infractions ne se réduisaient pas toujours à si peu de chose.

Ainsi, un dimanche, les garnements que nous étions décidèrent d'égayer un peu l'après-midi. Nous étions dans notre période « dynamitero » et nous souhaitions nous livrer à quelques expériences pyrotechniques avec des pétards à mèche, comme nous disions. Le petit marché de la route de la Targa étant fermé, nous décidâmes de nous rendre en ville sur l'avenue Mohammed V, où la petite droguerie tenue par M. Gopaldas, surnommé « Courbette » en raison de son affabilité, était ouverte.

Nous voilà partis, mon frère sur son vélo rouge constamment trafiqué pour aller plus vite que tout le monde, mon ami Renaud sur la mobylette jaune de sa mère et moi-même sur mon Solex.

Arrivés devant le magasin, nous hissons nos vélos sur le trottoir, mettons les cyclomoteurs sur béquille et attachons le tout ensemble avec un antivol pour éviter un départ trop facile aux mains de quelque amateur.

A peine entrés dans le magasin, le fourgon « Type H » de la Police s'arrête, les portes arrières s'ouvrent, et en descendent trois agents qui se ruent sur nos vélos, « mal garés ». Suivant les jours, le recours à un gardien de vélo assermenté qui gérait un petit garage à vélos d'une dizaine d'emplacements était obligatoire, et laisser son vélo appuyé contre une colonne devant le magasin interdit.

A peine ai-je eu le temps de défaire l'antivol pour éviter que les engins soient maltraités qu'ils étaient jetés sans ménagements dans le fourgon, sans un mot d'explications. Penauds, retour à la maison.

Nous raccompagnons tout d'abord Renaud chez lui, qui se prend l'engueulade du siècle et dont la mère, qui a besoin de la mobylette pour aller travailler, lui signifie qu'il lui paiera le taxi sur ses (maigres) économies.

De retour à la maison, Papa est avec un ami professeur au Lycée et nous lui contons la mésaventure. Aussi sec, accompagné de son collègue, il nous embarque dans la voiture, petit détour par chez Renaud et direction le commissariat central, non loin du lycée Ibn Abbad.

Décidément en forme, le paternel se lance dans une diatribe où il explique que les vélos de ses enfants ont été ni plus ni moins que volés sur leurs yeux, qu'il les voit là dans la cour, et que ça va fumer.

Le gradé de permanence lui explique qu'il pourra les récupérer le lendemain, il repart de plus belle à tempêter que la mère de Renaud en a besoin pour aller travailler, que c'est du vol et qu'il a le fils du commissaire en classe, et que ça va mal aller pour lui. 

Il se dirige vers la porte quand le gradé lance « Arrêtez ! ». Les policiers dans le coin se retournent vers leur chef, et il y a cinq secondes de silence, durant lesquelles tout peut basculer. Finalement, le chef dit « quels sont vos vélos » ? Nous désignons les trois « deux roues », qui sur ordre du chef sont extraits du tas de vélos raflées cet après-midi là,  et nous sont remis. Nous sortons sous le salut des plantons, accompagnés des excuses du gradé de service.

Un grand soupir de soulagement, ponctué par une remarque du paternel : « vous voyez que maintenant, avec vos bêtises, il fait nuit ! Que mes enfants ne s'avisent pas de revenir avec une contravention pour défaut d'éclairage, parce que je reviens ! » Pourquoi faire à peu de frais ?

 

Nous rentrerons, escortés par la voiture familiale, sans payer la moindre amende ce qui était la règle dans ce cas de figure. Ce fut un peu plus compliqué d'expliquer à Papa pourquoi nous étions chez « Courbette » cet après-midi là !

Lors de mon départ en France, je léguai mon Solex à mon frère qui le maltraita quelque peu, surtout par un entretien désinvolte. Il termina ainsi un périple vers Agadir avec un copain avec le réservoir dessoudé dans les sacoches remorqué pendant presque 80 km. Retour par le bus de la SATAS, les solex dessus ! Quand on vous dit qu'il faut resserrer les boulons avant de partir !

 

Je pense que plusieurs d'entre vous vont sourire à la lecture de ce châpitre. Moi, je n'ai eu que quelques fois l'occasion de conduire celui de ma mère. Il lui était trop utile pour aller travailler pour que je puisse me montrer à mes copains sur cette engin à moteur. Et puis j'ai souvent envié ceux qui possédaient un "Mob", car elles étaient plus rapide que les "Solex". Quelques années plus tard nous avons régardé avec envie, les possesseurs de "Rumi" qui faisaient les KEK en passant dans un nuage de fumée et une pétarade bien reconnaissable devant les filles à la sortie du Collège....

Mais ça... C'était avant.

L'orage s'est calmé bien que le ciel reste gris et la température élevée..Il va certainement faire bien étouffant cet après midi....

Je vous souhaite à tous une bonne santé (en tous cas la meilleure possible) et je vous dis à bientôt en vous souhaitant également de bonnes vacances (pour ceux qui auront la chance d'en prendre). Votre toujours MICHEL

 

l'occasion

 

Posté par micheldupre à 11:04 - Commentaires [6] - Permalien [#]