Bonjour à vous chers bloggeurs, comme je vous le disais la semaine dernière, l'envie de reprendre le fil du blog m'est revenue... Tant mieux pour nous tous.

Bien sûr je vais me répéter, mais sans sous il est difficile de faire vivre un blog qui se veut être celui des souvenirs de nos jeunes années et celui aussi des pèlerinages dans notre belle ville de Marrakech. Il faut donc que vous participiez à sa rédaction en m'envoyant des anecdotes oubliés ou des photos retrouvées.

Je veux avoir une pensée à tous ceux de nos amis qui vivent dans des régions françaises touchées par les intempéries actuelles...Alain et betty à la pointe de la Bretagne m'ont fait parvenir quelques photos que je vais vous montrer.

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Les bordelais, les toulousains, les landais, ont également de gros problèmes  avec des pluies ininterrompues et des débordements de rivières...En fait nous, à l'Est, avons encore de la chance. Il ne fait pas froid et nous n'avons eu QUE de la pluie...Les sols sont transformés en éponge et mon surnom sera bientôt BOB plutôt que MIMI.....mais pas d'inondations prévues. Il faut dire aussi que la Sarre est bien entretenue et que des murs de protections ont été construits il y a déjà quelques années et qu'ils sont entretenus régulièrement....

La dernière inondation en 1993.

 

Il a ensuite été monté  un mur de protection avec des portes amovibles qui protége la ville basse qui n'a plus été inodée depuis...

Souhaitons que ces vagues de nuages et de pluies cessent d'envahir l'Europe de l'Ouest et que les saisons reprennent leurs cours habituels.

Si vous avez fait des photos des inodations dont vous avez été victimes, je pourrait les éditer dans un prochain article....

Et pendant ce temps la....(Gilbert Bécaud) voila  ce que je trouve pour "Quel temps fait il à MARRAKECH?

 

Alors il est maintenant temps (encore) de laisser la parole à Jacques qui pourra ainsi continuer à nous enchanter avec la fin de son MAN ANA...

Les commentaires sont le moteur qui fait fonctionner les blogs, n'en soyez pas avare..

Bonne fin de semaine, sportive peut être pour ceux qui regarderons le Tournoi des 6 Nations ou les JO de SOTCHI.

A l'occasion de ces JO je voudrais vous montrer ce ci. Les autorités russes doivent penser que les sportifs des autres pays ne savent peut être pas se servir des toilettes car elles y ont apposé des pictogrammes très parlant...

Attention il est interdit de pêcher dans les cuvettes...

sotchi

 

Votre toujours MICHEL

 

 

Second voyage à Tarfaya

 

 

En 1965, nous avions vécu le voyage à Tarfaya comme une aventure, et nous avions découvert aussi un pays d'une exceptionnelle richesse archéologique.

 

Il fut donc décidé avec les Letan d'y retourner, et d'y procéder à une fouille méthodique d'un carré de plage où nous avions repéré nombre de foyers et de sites de taille de silex à même le sol, de même que des ossements de baleine. L'idée étant que la baleine était peut-être contemporaine des foyers, et qu'une tribu s'était arrêtée un certain temps à cet endroit pour profiter d'une bonne quantité de viande.

 

L'organisation commençait à être notre fort, aussi décidâmes nous de partir avec la jeep et un combi Volkswagen dont les neuf places permettaient un transport de bagages et de passagers conséquent. Trois Beyris dans la Jeep, trois Letan plus deux coopérants intéressés par la préhistoire dans le combi, et nous voilà partis !

 

Depuis notre première expédition, le goudron avait poussé. Le Maroc faisait des efforts conséquents d'infrastructure sur cette région, et la route était asphaltée jusqu'à Tan-Tan plage !

 

Nous arrivâmes assez facilement à ce premier campement, et nous campâmes à quelques encablures de la route, sur un plateau désertique battu par le vent marin, qui souffle ici avec une constance remarquable. On n'est pas loin des alizés, à cet endroit, et si le vent n'est pas très chaud en été ou en hiver, il est bien établi sur un secteur Nord-Est.

 

Le second jour nous vit longer cette côte rocheuse que nous découvrions, parsemée de campements de pêcheurs qui remontaient force bars depuis le haut de la falaise d'une vingtaine de mètres, ou descendaient le long de celle-ci sur des échelles de corde et bois plus que vétustes pour aller chasser en bas les pieds-de-biche, ces mollusques cirripèdes fixés au rocher dont les espagnols sont particulièrement friands. Mis en viviers, les animaux étaient collectés par les camions qui faisaient la navette jusqu'à Agadir d'où ils repartaient vers leur destination finale.

 

Au fait de cette industrie, nous avions prévu dans les bagages dès la première expédition une canne à pêche avec un peu de fils et quelques leurres, qui avaient en tout cas fait rire les poissons à défaut de leur faire peur.

Il fallait un matériel de pro, et nous verrions plus tard comment il fallait s'y prendre !

 

La route quitta la côte et revint vers l'intérieur, le premier obstacle étant l'Oued Chebika qui nous avait valu tant de déboires lors de la première expédition, avec son camion planté au milieu de la rampe de sortie du gué.

 

Mis à part que cette année, il avait plu et donc qu'il fallait à tout prix éviter de sortir de la piste sous peine de se retrouver enlisé jusqu'aux moyeux dans la terre argileuse du fond de l'Oued, sèche et craquelée en surface et bien glaiseuse et humide dessous.

 

Cette formalité réglée, nous décidâmes au sortir de l'oued de faire un peu de prospection préhistorique.

 

Quittant la piste, nous nous trouvâmes sur un vaste plateau calcaire semé de massifs d'euphorbes résinifères, ces cactus qui visent à ras du sol et forment des coussins denses sur lesquels on peut marcher. Leurs épines cèdent alors et il en coule un latex blanc extrêmement urticant, caractéristique de ces euphorbiacées.

Après avoir convenu que l'intérêt archéologique de la zone était modeste, nous décidâmes de rejoindre la piste par un « tout droit ».

 

Cap plein est, nous devions la rejoindre rapidement. Le combi devant car pourvu d'une meilleure visibilité, la land derrière contrôlant le cap, nous vîmes assez rapidement que la trajectoire s'incurvait trop vers le sud, dans la mesure où l'on évitait de monter sur les massifs d'euphorbes, susceptibles de crever les pneus. Après un certain temps, halte ! Un petit coup d'oeil sur la carte nous rappela que la côte et la piste sont franchement orientées est à cet endroit là, et donc qu'en faisant plein est, on est parallèle à la piste, et en tirant vers le Sud on file vers Tindouf. Papa, matheux, nous rappela opportunément que le propre des parallèles est de ne pas se rencontrer, et qu'il fallait réagir rapidement. Décision stratégique : arrêter de finasser, demi-tour, et recherche de la piste en remontant nos traces.

 

Quelques minutes plus tard, la piste est en vue. Papa poussa un gros soupir de soulagement, et nous livra sa conclusion, qui est encore et toujours mienne : « Rappelez-vous bien, les enfants ! Il faut savoir faire demi-tour à temps ! ».

 

La navigation reprit. Passées les dunes dont l'origine était la lagune de Puerto Cansado, nous attaquâmes la partie ingrate, le plateau de plaques de roche vaguement poussés sur le côté afin de ménager une piste dessus. Quelques plaques de sable de ci de là adoucissaient le passage, mais le combi négocia cela avec aisance.

 

Enfin la piste quitta le plateau pour descendre sur la plage. Nous étions arrivés.

 

Le convoi s'arrêta, et nous nous retrouvâmes sur la plage, seuls devant l'océan. Un vague tas de sable surmonté d'un espar et d'une bouée en liège témoignait d'on ne sait quel évènement. Au Nord, les bateaux en perdition s échouaient sur une côte rocheuse, peu propice à leur conservation.

 

Ici, une vaste plage de sable jonchée de débris s'offrait à notre vue.

 

Les débris qui nous intéressaient étaient là : des traces de foyer néolithiques, à même le sol, comme si on les avait laissés il y avait une dizaine de jours.

 

Nous choisîmes de planter la tente en dehors d'une zone bien pourvue en foyers. Ce fut le premier bivouac sur cette plage battue par les vents de l'Atlantique.

 

Le lendemain, au travail ! Il s'agissait de tracer un carré de 100 m², soit dix mètres au carré. La difficulté fut de tracer un carré et non un quadrilatère quelconque, aussi l'explication de la géométrie égyptienne par le paternel fut-elle précieuse. En traçant un triangle dont les côtés étaient de 3, 4 et 5 m, vous obtenez un triangle rectangle, pourvu donc d'un angle droit.

 

Après quelques ajustements, nous disposâmes d'un espace entièrement carroyé en petits morceaux de 1 mètre sur 1 mètre. Nous entreprîmes alors de relever la position de tous les débris : cailloux taillés, morceaux de poterie, coquillages et os et surtout coquilles d'oeuf d'autruche, la plupart décorées, qui servaient de récipients à l'époque.

 

Les os furent identifiés comme étant ceux d'une baleine, dont un magnifique os occipital pourvu de son trou du même nom où passait la moelle épinière, et quelques vertèbres.

 

La fouille du tumulus de sable ne donna rien.

 

Dans ce lieu loin de tout, quelle ne fut pas notre surprise de voir arriver un homme seul, un pêcheur, un peu simple d'esprit semblait-il, qui vint discuter avec nous quelques minutes avant de s'éloigner sur la plage. En fin de journée, il vint nous montrer le résultat de son activité : il avait capturé dans les trous de rocher un poulpe et une... murène. Avec comme seule arme un gourdin.

 

Notre matériel archéologique soigneusement étiqueté et emballé, nous levâmes le camp pour rentrer sur Tan Tan et Marrakech.

 

Nous décidâmes d'emprunter la piste de l'intérieur, qui évitait l'oued Chebika qui décidément nous laissait de mauvais souvenirs.

 

Ces expéditions en plein air se déroulaient certes dans le désert, mais la température était parfois assez fraîche. A l'intérieur des terres, certaines zones en altitude nous valaient des petits matins au froid piquant.

Sur la côte, c'était le vent qui était le problème, soufflant sans cesse et maintenant une température assez fraîche ; nous étions encore trop au nord pour que la douceur tropicale se manifeste.

 

Cette année-là Madame Letan contracta une double congestion pulmonaire, qui fut diagnostiquée à notre retour à Marrakech. Elle toussait à fendre l'âme et elle tenait quand même à assurer les tâches ménagères de vaisselle, Maman n'ayant pas été des nôtres en raison de sa santé. Un soir, elle rentra dans sa tente après que M. Letan soit allé se coucher, et elle fut accueillie par un « C'est à cette heure là qu'on rentre ? » sonore qui fit rire tout le campement. Où aurait-elle bien pu aller, en plein désert ?

 

Ce fut la seule fois où nous avions vraiment eu quelqu'un de malade lors de nos expéditions.