La magie d'Internet et des blogs. Oui je sais, je ne vais pas à AVIGNON pour le rassemblement annuel et je n'ai pas lu SALAM depuis longtemps. Je ne savais donc pas que j'aurais pu retrouver une personne qui a été très importante dans ma vie d'élève du Collège Technique dans les années 60.

C'est mon amie de toujours, Monique, qui m'a un jour téléphoné pour me dire qu'elle avait eu un contact avec mon professeur de dessin de Marrakech. J'ai été très surpris car lorsqu'il y a plusieurs années j'avais entrepris de la retrouver, ON m'avait dit qu'elle avait été très malade et qu'elle était décédée. Ce qui avait mis fin à mes recherches. Donc, vous l'imaginez bien, quelle joie d'avoir de nouveau de bonnes nouvelles de cette charmante demoiselle qui, pour un de mes dessins d'ado, m'avait une fois donné un 20/20. Ce qui en dessin est très rare....

 

 

Je m'en souviens comme si c'était hier. Il fallait dessiner un poisson stylisé et peint façon vitrail. Ce qu'il semble j'avais parfaitement réussi. A cette occasion, elle m'avait invité à lui rendre visite dans son appartement de l'Immeuble Garenne (Situé sur l'avenue Mohamed V, à droite en allant vers le consulat de France et à quelques dizaines de mètres de la Place de l'Horloge et de la station service qui faisait l'angle opposé à la Renaissance). Dans cet appartement, les murs étaient décorés de plusieurs peinture, des gouaches surtout, et des dessins au crayon. Elle m'avait donné quelques notions supplémentaires en technique de composition et elle m'avait encouragé à continuer dans ce domaine....

Et puis vous le savez aussi bien que moi, lorsqu'on quitte Marrakech à 19 ans, avec la tête pleine de projets, pleine de souvenirs agréables de vacances, de musique, de Rock, de slow et surtout pleine de prénoms de filles, on laisse de coté les Profs, les devoirs, les heures de colle pour aller construire sa vie d'adulte. Donc j'ai oublié La PROF de Dessin et le nom plusieurs de mes profs d'anglais, de Math, d'atelier, de... et de ...., j'ai surtout  oublié de dessiner, j'ai oublier de prendre les adresses de mes copains de classe, d'orchestre, de Rugby, de déco....ades (Mais pas leur souvenir).

Les années se sont égrenées, la vie de couple, de père de famille, la vie professionnelle, les mutations, les changements de poste, le remariage, les nouveaux enfants sont venus recouvrir, la Mademoiselle Prof de dessin.

Si j'ai recommencé à dessiner, puis à peindre, c'est grâce à mon épouse qui un jour m'a offert une boite de tubes de peinture, des pinceaux, un bloc de papier et qui m'a encouragé à développer les griboullis que je faisais sur chaque petits coins de papier blanc, pendant les réunions de travail, sur les nappes en papier des restaurants en attendant les plats ou avec les enfants pour leur raconter des histoires. J'ai illustré tous les contes enfantins pour les endormir.

Aujourd'hui la maison est pleine d'aquarelles qui font le bonheur de mon épouse et sur lesquelles elle veille jalousement car au début j'étais enclin à en donner un peu à tout le monde....(Je n'ai jamais vendu, je ne sais que donner.)

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Tiens j'en vois quelques uns qui se disent le MIMI est en train de se faire enfler les chevilles. Mais non, je pense que cette passion pour la peinture vient de ces années pendant lesquelles Mademoiselle BARDIN a été mon professeur de dessin. Merci à elle.

Ayant trouvé son N° de téléphone je l'ai appelé il y a quelques jours et nous avons bavardé du temps béni de Marrakech pendant près d'une heure.. Quel Bonheur lorsque je l'ai entendu me dire "Je n'ai plus souvenir des noms de mes élèves mais Michel DUPRE je m'en souviens très bien. Vous étiez un grand et beau garçon plein de gentillesse et prometteur en dessin".

Elle m'a confié qu'elle aimerait retrouver des photos de Classe des années 1958-1965 au Collège Technique Hassan II.

Je vais donc profiter de cet article pour vous demander, si certains d'entre vous en avez encore, de me faire des scans de ces photos que je pourrais ensuite imprimer et lui envoyer. Elle ne possède pas d'ordinateur et je ne suis pas sûr qu'elle pourra lire cet artyicle. Ce serait donc une belle surprise pour cette Dame de 80 ans qui a été heureuse de renouer avec ce passé qui nous est cher. Ces années de MARRAKECH.

Si par hasard, un marrakchi, y habitant encore, pouvait demander à la direction du Collège, s'il y avait un moyen d'avoir quelques souvenirs photographiques de ces années là, mes souhaits seraient comblés et nous ferions un immense plaisir à Mlle BARDIN.

Je vais maintenant laisser le champ libre à notre ami Jacques qui va nous faire vivre avec tout le talent qu'on lui connait maintenant

"Le retour à Marrakech" que j'ai intitulé le MAN ANA 16.

Retour à Marrakech : vacances à Puerto Cansado

 

C'était l'été. Je venais d'être titularisé professeur, une page se tournait. Je n'effectuerais pas ma coopération au Maroc, comme mon père l'avait souhaité alors que moi j'aurais préféré Mauritanie – Mali – Niger - Tchad, la frange sud du Sahara. 

Il allait falloir libérer l'appartement que nous occupions depuis douze ans. Pour fêter ma titularisation comme enseignant, j'avais acheté une nouvelle voiture, plus puissante, plus rapide, plus moderne que la Renault 4 qui m'avait payé Papa. Tellement rapide et puissante que la 304 S coupé a quitté la toute dans un virage et qu'un tonneau plus tard elle fut inutilisable. Je l'ai donc conduite chez le garagiste, puis j'ai ressorti et épousseté le vieux vélomoteur « Ciao » qui m'avait servi pendant mes premières années d'étudiant. 

Je disposerais de ma voiture à partir de la mi juillet, temps nécessaire pour la faire réparer. 

Michel, était rentré déposer ses papiers d'engagement comme élève pilote dans l'armée. 

L'attente de quinze jours avant la réparation de la voiture nous semblait excessive, aussi décidâmes nous de repartir au Maroc. Je reviendrais chercher la 304 quand elle serait réparée, pour déménager la maison. 

Nous prîmes l'avion pour Casablanca, où Jean-Pierre devait nous recueillir. Il était en vacances chez un oncle à Mohammedia et ses parents, qui allaient venir le week-end prendre le frais, nous ramèneraient sur Marrakech. 

Nous partîmes avec la 2CV que Michel avait racheté à mon oncle, que nous laissâmes sur le parking de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. Elle était suffisamment vétuste, et nous prîmes l'avion pour Casa.

Arrivés à Nouasser, la problématique complexe du pays se relança : Jean-Pierre n'y était pas, donc il devait être au terminus des bus CTM en ville. Nous décidâmes de prendre le bus, démocratiquement, jusqu'au terminus de la CTM. 

Nous arrivâmes sans encombre à la gare routière de la Compagnie des Transports Marocains, et nous y retrouvâmes Jean-Pierre, flegmatique.  

Heureusement que nous n'étions pas dépourvus d'initiative ! On avait déjà prévu de poursuivre jusqu'à Mohammedia s'il n'était pas là ! 

Bagages chargés, direction la villa d'Athanas et Nikki.  

Nous retrouvâmes une tenue plus compatible avec la chaleur, encore que celle qui régnait à Mohammedia était très supportable. Nous étions en début d'après-midi, aussi décidâmes nous d'aller faire un tour sur la plage, avec Michèle, la soeur de Jean-Pierre.  

La petite gamine en socquettes blanches et jupette de tennis juchée sur son caddy, que j'avais perdu de vue depuis plusieurs années, était devenue une jeune fille de dix huit ans dynamique, et mignonne de surcroît. Je ne manquai pas de m'en apercevoir. 

Le week-end s'acheva, les parents Lachèze rentrèrent sur Marrakech, avec nous dans leurs bagages. Nous retrouvâmes l'appartement, dans un immeuble déserté par les départs en vacances des occupants, à la recherche de la fraîcheur en bord de mer ou en France. 

Marrakech en été avait son rythme de vie particulier. Rares étaient encore en 1973 les installations de climatisation, et la vie se calquait encore largement sur le rythme solaire. Il était rare de s'endormir avant minuit, on dormait fenêtre ouverte en souhaitant que le vent ôte un peu de chaleur des murs. 

Au petit matin, vers six heures, il faisait frais : 25°. 

La température montait toutefois rapidement et vers dix-onze heures, on évitait de traîner dans les rues. Les volets étaient clos dès dix heures, on ne les réouvrirait que vers dix neuf heures et les fenêtres elles-mêmes seraient ouvertes vers vingt heures. 

La sieste méridienne était chose normale, et l'activité de déroulait au ralenti l'après-midi. 

En général, le soir, c'était sortie vers la Targa ou un autre endroit frais, avec restaurant de plein air de préférence. 

Le week-end, c'était Agadir, Safi ou Oualidia, bref le bord de Mer. Il y avait aussi la montagne : vallée de l'Ourika, l'Oukaïmeden ou autre coin en altitude. On cherchait à monter le plus haut possible, et on retrouvait les endroits où des colonies de vacances avaient été aménagées du temps du protectorat : Sidi Farès, Ijoukak... 

Nous rencontrâmes M. Lafond, le père adorable d'Ariel, fiancée à Jean-Michel, cousin de Jean-Pierre et de Michèle. Il nous proposa purement et simplement son hors-bord, qui était au barrage Cavagnac, si nous souhaitions nous détendre et faire un peu de ski nautique. Cette proposition fut accueillie avec enthousiasme, et nous passâmes dès lors nos après-midi au barrage. 

Le premier démarrage fut cependant laborieux, nous passâmes l'après-midi à faire démarrer le moteur du hors bord, qui n'avait pas vraiment besoin de starter pour cela. La fin de l'après-midi nous permit juste un tour de lac, mais nous avions compris comment cela fonctionnait ! 

Les jours suivants, de skis en monoskis, de départ dans l'eau à départ sauté, nous devînmes les as du ski nautique. Enfin, surtout Jean-Pierre te Michel, car moi j'étais nettement moins doué. Il faut dire que je n'y voyais pas grand chose sans mes lunettes... 

Le summum fut atteint le jour où Michel et Jean-Pierre se trouvèrent remorqués tous les deux en même temps. Cela se termina par la chute de Jean-Pierre. Je ramenai Michel au bord de la plage, et je filai récupérer jean-Pierre car il n'était pas envisageable de faire une démarrage depuis l'eau pour les deux skieurs, le moteur n'étant pas assez puissant. Jean Pierre était tombé car le ski s'était tout simplement cassé en deux ! Un Reflex mono C57 presque neuf. L'eau avait entamé la solidité du bois qui avait fini par craquer. 

Penauds, nous annonçâmes la nouvelle à M. Lafond qui ne fut pas très content mais nous proposâmes de lui ramener un ski neuf de France. Cela passerait moins bien du côté de sa femme, mais bon... 

Je repris l'avion deux jours plus tard pour aller récupérer ma voiture à Bordeaux et passai la journée à courir toutes les boutiques de sport du coin pour trouver un ski Reflex C57. Finalement, je trouvai un C56, assez voisin, et j'en fis l'acquisition. Il rentrait bien juste dans la 304 coupé. Je rentrai sur Bayonne, ramasser les dernières affaires avant de m'élancer pour la traversée de l'Espagne en solitaire. 

Après une nuit passée à Bayonne, je repartis vers Marrakech au volant de la voiture qui avait un problème évident de stabilité. Je découvrirais bien plus tard que la traverse arrière était faussée, ce qui fait que l'arrière partait au premier cahot. Après quelques passages chauds, je finis par m'accoutumer à son nouveau pilotage. 

Je passai par le chemin des écoliers (qui ressemblait à un chemin pour ânes) pour éviter le grand flux migratoire aoutien, et je finis par arriver à Algesiras vers midi, pour obtenir une place dans le bateau du soir. 

 J'allai me mettre un peu à l'écart à l'abri et entamai un repos réparateur à l'ombre d'un eucalyptus, caressé par le vent marin. 

Traversée nocturne du détroit, arrivée nocturne à Tanger où je repris calmement la route vers Mohammedia où j'arrivai vers dix heures du matin. 

Surprise de la tribu Marinakis, et de Michèle. J'expliquai que j'étais seulement de passage, et que je repartirais vers Marrakech en fin d'après-midi. Un petit coup de fil pour donner des nouvelles à Marrakech, pendant que Michèle admirait la 304 S coupé blanche avec intérieur en simili cuir et repose-têtes, qui en jetait un max. Elle me convainquit qu'il était indispensable d'aller acheter un je ne sais quoi en ville (pain, oeufs...) à l'épicerie du coin. C'était de surcroît l'heure où les copines faisaient de même, le moment stratégique pour se montrer et papoter. Je débarquai donc le monoski afin de lui dégager l'accès au siège avant, et nous fûmes partis, toutes fenêtres ouvertes, par un itinéraire qu'elle m'indiqua et qui semblait détourné. Si l'objectif « courses » fut atteint, celui de rencontrer les copines, malgré deux tours du pâté de maisons, le fut moins semble-t-il. Néanmoins, Michèle avait eu droit à son tour dans le coupé « S », et avait été vue dans Mohammedia suffisamment pour que l'on en parle. 

Dans la soirée, je ralliai Marrakech sans encombre. 

Lafond récupéra son monoski tout neuf, avec nos excuses et nos remerciements. 

Ce fut le moment de faire notre dernière balade dans le Sud. 

Nous choisîmes Puerto Cansado une fois de plus et nous partîmes avec des cousins aux Podevin qui étaient venus se rôtir à Marrakech, et Jean-Pierre. 

Nous retouvâmes notre lieu de campement favori, au bout des dunes, au début de la lagune, contre l'océan.  

Quelques jours d'insouciance entre jeunes, des photos superbes grâce aux beaux modèles féminins, un petit essai de plongée dans le bras reliant la lagune à la mer, bien vite arrêté car le littoral était quand même truffé de requins, pas forcément aux grandes dents, mais qui dévoraient allègrement toutes les proies qui s'accrochaient aux palangres que nous posions à marée basse pour le relever à la marée descendante suivante : le plus souvent, sur dix bas de lignes, on en trouvait cinq cassés, quatre avec l'appât délicatement nettoyé de l'hameçon, et la dernière avec une tête de poisson, le corps ayant servi à régaler quelque carnivore vorace. 

Des vacances de rêve, seuls ou presque, au bout de la plage, hors du temps. 

De retour à tant Tan, nous nous arrêtâmes car je souhaitais acheter un poste radio « Blaupunkt » pour mettre sur la console que j'avais confectionnée pour la 304.  

Nous fûmes interrogés par les habitants sur l'endroit où nous étions en camping.  

Apparemment, ils étaient au courant de notre présence dans le secteur, ce qui confirmait pour nous le fait que, dans le désert, même si l'on n'a vu personne, quelqu'un vous a vu et en a parlé. 

Nous leur répondîmes que nous étions à Akhfennir, ce reste de fort portugais, sur la lagune de Puerto Cansado. Nous fûmes interloqués car on ne nous avait jamais posé de question de ce type jusqu'alors. 

Nous apprîmes quelque temps plus tard que, dans la même région et à quelques kilomètres de là, les enfants Pascon, que nous avions côtoyés au Lycée Victor Hugo, et le fils du Consul de France, avaient disparu définitivement. Ils auraient été exécutés par les partisans du front de libération du Sahara occidental, le front Polisario.  

Nous étions passés au travers cette fois-ci, sans savoir pourquoi. 

Le retour vers Marrakech fut sans histoires, et il nous fallut songer à quitter définitivement cette ville où nous résidions depuis treize années.

 Voila chers amis lecteurs c'est fini pour aujourd'hui. Je vous engage à me contacter pour me faire parvenir tout ce qu'il vous semblera utile de monter à tous et à faire partager avec le plus grand nombre... Vive les MARRAKCH'AMIS.

Votre toujours MICHEL